
« Je suis un berlinois »
Djamel Lounis invité en Allemagne
Djamel Lounis est employe à la poste algérienne. Avec ses pas courts et vifs, un peu courbé par le poids de son sac, il passe le inlassablement les rues et ruelles d’Alger tous les jours. Son œil observe la vie des gens qui l’entourent. Il la conserve dans sa mémoire. A première vue, son boulot a peu de rapports avec sa passion, le dessin. Mais c’est son boulot qui lui permet cette vue sur la société algérienne qu’il dépeint dans ses images. En effet Djamel Lounis est caricaturiste.
Né en 1971 à Alger, près de Notre Dame d`Afrique et premier fils d’une famille nombreuse, il commence dès son plus jeune âge à dessiner et caricaturer sa famille ainsi que ses copains de classe. Après l’école, il commence une formation de technicien en maintenance radio télévision et trouve par la suite un poste comme facteur. Mais ceci ne représente que son gagne pain. Son cœur appartient au dessin. En autodidacte, il développe et affine son style au fils du temps. Il conçoit des affiches, illustrations et des catalogues pour des sociétés de publicité. Malgré tout, ce sont les caricatures que lui brandit et accroche à chaque fois.
Son talent est remarqué, et suite à cela, il participe à plusieurs concours internationaux de caricatures, gagne des mentions honorables et, soutenu par l`institut allemand Goethe, ses premières expositions ont lieu sur Alger et Oran. La « Pointe de la plume » plait tellement à l’Institut Goethe et qu’à la Fondation Friedrich Naumann que Djamel Lounis fut invité à visiter Berlin au mois de septembre 2007.
Il est passé dans les rue et ruelles de cette grande ville avec ses pas courts et vifs, observant les gens et conservant ses impressions dans sa mémoire. Djamel Lounis rapproche les deux villes en caricatures – un abord culturel d’une manière particulière. L`exposition « 22x Alger-Berlin» se forme. Lors de son ouverture fin novembre, Djamel Lounis part de nouveau à Berlin. Et fait l’ouverture de son exposition, accueilli par un public enthousiaste.
L`hôtesse de la Fondation Friedrich Naumann, Madame Gabriele Reitmeier, désigne ses œuvres comme « simplement géniales ». Christian Heldt, représentant du ministère des affaires étrangères en Allemagne, l’admire et a même signé sur ses caricatures, « toujours humoristique et parfois aussi critiquant », la vie quotidienne en Algérie et en Allemagne. Des invités demandent des autographes à Djamel Lounis et dansent sur la musique algérienne du groupe « Mokthar ». Une nouvelle image de l’Algérie se dessine.
Les caricatures de Djamel Lounis ouvrent aux spectateurs allemands et aux algériens immigrés un regard sur les deux sociétés. Un certain miroir dans lequel il reflète leur jugements et leurs préjugés. Ils découvrent une chose: l’humour qui est, dans toutes les sociétés, une manière de surmonter le quotidien. Surtout avec les caricatures de Djamel Lounis, un humour qui peut être comprise, même en dehors du monde arabe.
Masha Benecke. (berlin)
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